Les principaux clans de l'an mil

De Paris by Night
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Les principales villes de France étaient tenues par des Ventrue ou des Toréador (surtout au Sud pour ces derniers). Loin d’être unis, ces Princes se livraient à des guerres incessantes et leurs ambitions personnelles empêchaient toute entente durable à l’intérieur de leurs clans.

De nombreux autres Vampires régnaient sur des fiefs plus modestes ou contrôlaient des groupes armés. Impuissants, ils voyaient leur indépendance se réduire comme une peau de chagrin. Pour survivre, ils étaient obligés de s’inféoder à l’un des grands Princes de France.

Les Gangrels

Les Gangrels étaient le clan le moins influent. Leur dernier rassembleur était Eusugénos, un ancien druide gaulois, charismatique, certes, mais aux idées extrémistes, et peu enclin à la diplomatie. Sans chercher l’alliance avec d’autres clans, il tenta avec ses compagnons d’enrayer l’influence du christianisme et de combattre la modernité rampante. En vain, bien sûr. En 1025 il était détruit par les forces du Prince de Bretagne dans l’indifférence générale. Depuis les Gangrels n’ont plus aucune unité nationale, à peine représentent-ils des forces locales que cherchent à manipuler les Princes en place. En Ile-de-France ils perdirent tout poids politique; divisés et éparpillés, ils s’établirent sur de petits territoires sous la domination d’Alexandre ou rentrèrent dans une rébellion stérile, semant la terreur dans les forêts et aux faubourgs de la ville avec comme seule perspective d’être un jour détruits par les serviteurs du Prince.

Les Brujahs

Les Brujahs étaient également affaiblis et divisés, mais ils n’en restaient pas moins puissants et conservaient toute leur capacité de nuisance. Leur comportement était marqué par leurs désillusions et leurs échecs passés. Le plus grave était la chute des Mérovingiens. Clovis et tous les autres rois francs étaient en effet entièrement contrôlés par un Brujah Mathusalem redoutable du nom de Mérovée.

En dominant la royauté il acquit un pouvoir qui l’a sans doute dépassé. Jaloux de son autorité, il préféra, plutôt que de faire confiance aux autres Anciens Brujahs, s’allier avec les Malkavians, alors suffisamment faibles pour qu’il puisse les contrôler. Il se comporta avec eux en dominateur absolu, provocant le pourrissement de la situation. Mécontent et se sentant trahis, les Malkavians gangrenèrent de l’intérieur la puissance mérovingienne; la décadence gagnait les rois de France et accélérait leur chute. Pour se sauver de la dérive, Mérovée fit appel aux Lasombras, mais il était déjà trop tard: l’essentiel du Pouvoir était passé aux mains des Ventrue et des Toréador qui contrôlaient les Baillis et l’Eglise. Le 5 septembre 750 le Prince mégalomane était détruit dans son repaire. Les Lasombras furent suspectés. Très vite, Les esprits s’échauffèrent et un affrontement violent s’annonçait inévitable. Mais la bourrasque, aussi subitement qu’elle s’était levée, s’était tut…La dynastie mérovingienne disparaissait comme si elle n’avait jamais existé et les Ventrue accédaient au Pouvoir.

Les Brujahs étaient plus que jamais divisés. Face aux accusations, les partisans de Mérovée récusaient tout en bloc et désignaient les Malkavian et les autres clans comme seuls responsables. À Paris, cette situation eut des répercussions à long terme non négligeables. En 1148 Alexandre confiait la sécurité intérieure de ses terres à Childeberd, le descendant direct de Mérovée et le couvrit d’honneurs. Le Brujah s’acquitta de son rôle avec une grande efficacité. Nationaliste avant l’heure, il était partisan de l’ordre et de la force. Incapable de régner par lui-même, il s’était volontier allié au Prince de Paris et n’hésitait pas, pour le servir, à combattre ses cousins qui avaient suivi la voie de la protestation et du banditisme.

Les Malkavians

Insaisissables et inquiétants, les Malkavian, à Paris comme dans la plupart des grandes villes de France, ne représentaient pas à proprement parler une force politique unie. Si certains se complaisaient dans la vie de Cour, la plupart vivaient isolés et régnaient sur de petits fiefs, barricadés dans des châteaux. Avec le développement de la vie citadine et l’affaiblissement des petits seigneurs, de plus en plus de Malkavians émigrèrent vers les cités. Ils avaient là un terrain de chasse idéal et une concentration de mortels qui permettait d’intéressantes expériences…

Un commun dénominateur pouvait toutefois rassembler les Malkavians: le refus d’un Pouvoir central fort. Depuis l’alliance malheureuse avec Mérovée qui les avait durablement brouillés avec les Brujahs, ils s'étaient persuadés que la meilleure voie de gouvernement était celle de la division des centres de décision. Régulièrement, ils prenaient la défense de Vampires ou de Princes de modeste envergure, menacés par les vues hégémoniques d’un voisin beaucoup plus puissant.

Alexandre se méfiait des Malkavian. Ceux-ci, en conséquence, ne le portaient pas dans leur cœur et rejetaient ses alliés Ventrue et Toréador. Pour ne pas être trop isolés, ils se tournèrent vers les Nosferatus et les Gangrels, et formèrent une alliance informelle et sans grande répercussion politique mais qui explique, peut-être, les bons rapports que peuvent entretenir ces trois clans de nos jours.

Les Lasombras

Puissants et organisés dans le sud de la France, les Lasombras en Ile-de-France ne représentaient en revanche qu’une force modeste et sans grands moyens. La politique qu’entretenait Alexandre à leur égard était très trouble. D’une part il affichait haut et fort son hostilité à leur clan et les plaçait sous surveillance, et d’autre part il s’entendait avec eux pour développer une alliance temporelle avec leurs cousins du sud et affaiblir ainsi les riches Princes occitans. Sans avoir trop le choix les Lasombras parisiens acceptaient cet état de fait, mais ils se rendaient bien compte que si Alexandre n’avait plus besoin de leurs cousins du sud, leur survie ne serait plus véritablement garantie. Ils veillaient donc à toujours apparaître indispensables et à protéger leurs arrières en cas de mauvaise passe.

Les Toréadors

Au sud de la France les Toréadors dominaient une civilisation occitane en plein essor. Dans la pléiade des Princes du sud (Toulouse, Roussillon, Carcassonne, Auvergne…) un grand nombre appartenait au clan de la Rose. Loin d’être unis, les Princes du midi se livraient à des guerres interminables. Ils étaient pourtant d’accord pour rejeter toute influence venue du Nord qu’il jugeait barbare. L’hostilité entre les Toréadors occitans et les Toréadors du Nord était très profonde. Situation qu’Alexandre allait exploiter avec beaucoup d’habileté.

Les Ventrues

Les Ventrues, enfin, étaient les plus divisés. Ils en avaient parfaitement conscience mais cela ne les gênait pas outre mesure, tant qu'ils détenaient l’essentiel du Pouvoir en France. Après tout, la coalition ayant détruit le Prince Ventrue Thierry, l’avait remplacé par Alexandre, un autre Ventrue. On restait en famille, en quelque sorte. Les divisions étaient toutefois plus importantes qu’elles n’en avaient l’air. Car loin de n’être que des luttes de personnes, elles reflétaient des rapports de forces européens. En effet, si tous les Ventrue reconnaissaient Alexandre, un grand nombre se sentait plus proche de leurs cousins étrangers. Mithras, en Angleterre, tissait sa toile et développait ses alliances en France, la Normandie lui était ainsi acquise, et les Ventrue du Saint Empire Romain Germanique, qui soutenaient Thierry, plaçaient leurs pions. La guerre de cent ans et les guerres européennes n’allaient pas tarder à prouver la précarité de cette situation.