Alexandre au pouvoir

De Paris by Night
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An 987 : Hugues Capet monte sur le Trône

Lorsque, après une guerre de plus cent ans, le roi Louis XI rétablit une monarchie forte à Paris et reconstituait l’unité du royaume de France, il ignorait qu’au-delà de ses qualités personnelles et de celles de ses ancêtres, il devait sa réussite au travail acharné et continu d'un être vieux de plusieurs millénaires : Alexandre, Vampire Mathusalem, et Prince de Paris.

Pendant plus d’un millénaire, cet être hors du commun surmonta toutes les épreuves, déjoua tous les complots, assit patiemment sa suprématie sur les autres clans Vampires de France et contra les ambitions farouches de ses cousins européens. En 1481 il était au sommet de sa puissance. 18 Mai 1481, il était détruit dans un incendie avec ses proches.

Avec sa brusque disparition, une page majeure de l’Histoire vampirique était tournée. Celle de la suprématie des Ventrues et de la stabilité à la tête de la Camarilla française.

L’aventure d’Alexandre se confond avec l’ascension de Paris. Elle débuta véritablement en 987, avec la montée au trône de Hugues Capet. Ce premier roi de France préfigurait les suivants : ils allaient tous être des pions du Prince de Paris et leur puissance serait le miroir de sa grandeur.

La relation d’Alexandre à Hugues Capet n’avait rien de fortuit. Le premier des Capétiens était tout simplement le seigneur de l’Ile de France et ses possessions s’étendaient à Paris et Orléans. Après son sacre ses terres devinrent le domaine royal et ses descendants ne tardèrent pas à établir leur palais sur l'Ile de la Cité.

Avec le soutien des Princes des principales villes de France, Alexandre accédait à son statut de protecteur de la royauté. Dans le monde des Vampires il devenait ainsi la plus haute autorité morale de la France.

Pour autant son Pouvoir était réduit. En fait si les Princes Vampires l’avaient assis sur le trône, c’est justement pour cette raison. Comparativement aux autres Mathusalems sa puissance était relativement moyenne et son influence limitée. Sa position de représentant des Vampires de France évitait qu’un caïnite plus dangereux n’accède à ce poste comme ce fut par le passé le cas avec Mérovée, l’incontrôlable Brujah, et Thierry le trop ambitieux Ventrue. Alexandre n’avait manifestement pas les moyens de se mêler des affaires des autres Princes dans leurs fiefs respectifs et d’intervenir dans leurs luttes.

Or ces luttes étaient aussi nombreuses que la situation générale était confuse.

Un Prince à la recherche d’alliances

Au centre d’une tempête dont il était à l’abri, Alexandre utilisait ses pions pour profiter au mieux de chaque situation. En tant que chef moral des Vampires français, nul ne pouvait s’attaquer à lui sans provoquer une levée de bouclier de la plupart des Princes. Par ailleurs sa relative faiblesse rassurait les autres Anciens, qui continuaient à se livrer entre eux à des luttes implacables.

Les Vampires de l’Ile France étaient à peu près tous fidèles à Alexandre. Ceux qui faisaient trop apparaître leur indépendance étaient aussitôt mis au pas. C’était le cas particulièrement de quelques Brujahs, Malkavians et Gangrels qui contrôlaient des bandes de brigands ou de petits châtelains. Les Ventrues lui étaient bien entendu totalement acquis, mais il avait su aussi fidéliser les Toréadors parisiens. La situation de ces derniers était très intéressante, en effet, ils luttaient avec difficulté contre l’hégémonie de leurs puissants cousins du sud, ces derniers détenant les grandes villes du midi et de l’Aquitaine.

Ils avaient pourtant une force : le contrôle de L’Eglise de France et des liens solides avec les Toréadors d’Italie qui eux même exerçaient certaines influences sur les terres papales. En échange du soutien inconditionnel des Toréadors de son fief, Alexandre leur garantit une grande indépendance et une aide indéfectible.

« Les Toréadors à la soutane », comme les appelaient leurs rivaux, allaient bénéficier d’une conjoncture exceptionnelle qui renforcerait leur pouvoir parmi la population mortelle. La fin du premier millénaire répandait une véritable terreur dans la population. Pour y faire face, L’église était désarçonnée. C’est alors qu’un nouveau clergé, sous l’influence de Cluny notamment, fit son apparition et prôna la purification et la piété ; il connu un succès foudroyant. S’ils n’étaient pas pour grand chose dans cette situation, les Toréadors et les Ventrus d’Alexandre en profitèrent bien vite au détriment des Lasombras, pourtant traditionnels manipulateurs du clergé. En 1079 Philippe 1er confia à Cluny ce qui devint le couvent de Saint-Martin Des Champs. Le grand centre de la chrétienté en France s’établit donc à Paris.

Grâce à l’Église, dont l’influence s’est considérablement accrue en moins d’une centaine d’années, Alexandre et ses alliés pouvaient efficacement contrôler les pions mortels des autres Princes. L’Église régissait les luttes entre les seigneurs et soutenait le petit peuple. Ses positions pouvaient être déterminantes dans un conflit. Les Princes français n’appréciaient pas cette limitation de leur Pouvoir, mais Alexandre se défendait de toute velléité hégémonique, sa force de frappe étant après tout, toujours modeste. Quant à son influence accrue, elle lui semblait nécessaire pour maintenir la cohésion de la France à l’heure où l'attendait de grands défis.

Les premiers de ces défis se trouvaient de l’autre côté de la Méditerranée, vers Jérusalem.

Les croisades

L’appel aux croisades du pape Urbain II eut dans la population mortelle un impact très important qui surprit beaucoup de Princes. Alexandre, les Toréadors du Nord et les Lasombras soutenaient fortement cette expédition et beaucoup d’autres vampires allaient les suivre dans cette voie. Leur participation, d’abord timide, devint totale avec les deuxième croisades (en 1146).

Les objectifs des différents clans étaient nombreux: acquérir des territoires ou plus précisément, d’éviter qu’un rival ne le fasse, mieux contrôler les circuits commerciaux, etc. Mais il apparut bien vite que la finalité de la plupart des Princes était d’en découdre avec leurs ennemis, dans une nouvelle arène où toutes les alliances pouvaient être renversées. De nombreux Vampires comptaient toutefois s’établir en Orient pour s’affranchir de leurs anciens dirigeants. Ils rajoutaient ainsi en complexité à une situation déjà bien embrouillée. Car la Terre Sainte était loin d’être inhabitée par les non-morts. Tous les clans y étaient représentés avec, en plus, la présence des redoutables Assamites et des tentaculaires Séthites. Or ces clans étaient loin d’être eux-mêmes unis…

L’arrivée des européens bouleversait la donne en Terre Sainte, mais ne clarifiait pas pour autant la situation. Les Princes d'Occident s’embourbaient dans des intrigues d’une rare complexité et concluaient des alliances contre-nature. Pratiquement tous les clans s’entre-déchiraient, certains n’hésitant pas à s’allier avec les Assamites.

Après des dizaines d’années de luttes acharnées, les Vampires européens finirent par se lasser de ces guerres sans fin, d’autant qu’à l’Ouest de nouveaux orages s’annonçaient. À partir du XIIIe Siècle, ils laissèrent leurs pions mortels se débrouiller comme ils le pouvaient en Terre Sainte et ils se réintégraient de plein pied dans la politique européenne.

Le bilan des croisades était plutôt catastrophique pour la plupart des clans. Après des années de luttes acharnées, les rapports varièrent peu et les occidentaux avaient perdu toute influence sur l’Orient.

Certains, toutefois, réussirent à en tirer de substantiels bénéfices.

En premier lieu les Lasombras, présents sur les deux rives de la Méditerranée, se contentèrent de manœuvrer et de jouer les intermédiaires pour tirer le plus de profits. Le Pouvoir ainsi acquis inquiétait Alexandre. Il n’était désormais plus question d’entente secrète. La guerre était véritablement déclarée entre eux et le Prince de Paris: En 1226, tous les Lasombras furent chassés de la capitale.

Les Vampires liés à l'Église renforcèrent aussi leur Pouvoir, prouvant qu’ils étaient capables d’imposer leurs décisions aux mortels les plus puissants, et ce en France comme dans le reste de l’Europe. Les croisades étaient en partie leur œuvre et avaient rempli tous leurs objectifs.

Enfin, Alexandre était l’un des plus grands gagnants. Ayant préparé les croisades bien avant qu’elles soient annoncées, il avait su jouer sur deux fronts. En Orient il avait remporté de grands succès diplomatiques et avait su s’imposer comme le chef de file des Vampires français face aux autres puissances européennes.

Mais les plus grandes victoires du Prince de Paris avaient en fait été en France. Tandis que la plupart des Princes avaient les yeux tournés vers l’Est, il avait pu infiltrer ses pions dans nombre de postes clés et avait considérablement renforcé ses positions. Insidieusement, progressivement, il était devenu le vampire français le plus puissant. Respecté par les siens, il inquiétait déjà ses redoutables voisins européens en particulier le plus manipulateur d’entre eux: le Prince Mithras.

Dans l’étau de Mithras

Le Prince de Londres, par l’intermédiaire des Plantagenêt, dominait plus de la moitié du territoire français. Il ne cachait pas ses ambitions et, voyant la puissance d’Alexandre croître dangereusement, augmenta sa pression sur le royaume de France. Il contrôlait complètement Renaud, Prince de Normandie et descendant direct d’Alexandre, et pouvait également compter sur la fidèle alliance de nombreux puissants Princes dont ceux de l’Anjou et de l’Aquitaine, ainsi que sur nombre de Toréadors du sud. De plus, il augmentait sa pression sur les Vampires peu organisés de la Bretagne, de l’Auvergne et du Limousin.

Alexandre réagit en proposant une alliance à Henri, Prince des Flandres, lié aux Ventrues du Saint Empire Romain Germanique, et aux autres Princes de France. Il dénonça l’agression caractérisée de Mithras envers les territoires français. Mais ses propositions furent courtoisement rejetées.

Alexandre devait absolument agir. Il décida de ne pas s’attaquer directement au Prince Anglais, mais lança en revanche une violente offensive surprise contre Henri de Flandres. Totalement pris au dépourvus, trahis par ses proches, ce dernier réussit néanmoins à fuir et à se réfugier à Amsterdam. Un an plus tard il revenait, avec l’autorisation du Prince du Paris, dans son fief, mais en ayant perdu de nombreux territoires et terni son prestige de façon durable.

Alexandre ne s’attaqua pas seulement aux Flandres. Il tenta, au détriment de Vampires plus faibles, de se tailler un domaine qui puisse rivaliser avec les possessions de Mithras. Par ailleurs, il jouait de toute son influence pour manipuler les serviteurs de l’ancien Ventrue, qu’ils soient mortels ou Vampires.

Le Prince de Paris réussit ainsi à placer ses pions auprès de Richard Cœur de Lion ; contrant ainsi les visées du Prince de Londres en neutralisant son principal atout, le roi Henri II Plantagenêt. Alors que Mithras reprenait quelques influences sur Richard, Alexandre envoya ce dernier en Terre Sainte et plaça ses pions auprès de Jean son frère. A la mort de Richard, Mithras réussit à grand peine à reprendre le contrôle de Jean, mais là encore Alexandre faisait de la résistance en défendant Arthur, le neveu de Richard Cœur de Lion et rival de Jean sans Terre.

Cette partie de chaises musicales commençait à sérieusement irriter Mithras. Fou de rage, il n’hésita pas à éliminer plusieurs importants Vampires français pour montrer sa détermination. Funeste erreur ! Immédiatement les Vampires de France formèrent une coalition sous la direction d’Alexandre et entreprirent une grande purge « anti-Mithras ». Elle ne fut d’ailleurs pas spécialement sanglante, la plupart de ses alliés ayant préféré changer de camp et prêter allégeance au Prince de Paris.

Mithras renonçait alors à ses vues sur le royaume de France. Du moins c’est ce qu’il dit car, secrètement, il nouait des alliances en Europe. Les victoires d’Alexandre exaspéraient les Ventrues allemands et le Prince Henri de Flandre ne rêvait que de revanche. La coalition allait lancer son attaque en 1214 par l’intermédiaire des armées mortelles. Ce sera un échec complet. En battant les Allemands et les armées du comte de Flandres à Bouvines, les troupes françaises, sans le savoir, faisaient d’Alexandre le prince le plus puissant d’Europe.

L’essor de Paris

Avec les succès d’Alexandre, Paris devenait enfin une ville d’envergure européenne. Tant au niveau des arts que de la finance, elle connaissait un développement exceptionnel et constant.

Naturellement elle attirait de nombreux Vampires, désireux de se rapprocher d’Alexandre et de profiter de son Pouvoir grandissant. Courtisans, comploteurs et aventuriers affluaient de toute la France.

Paris était la ville de France comptant le plus grand nombre de vampires.

Parmi ceux qui avaient choisi de s’y établir, il y avait les Tremeres. Ce nouveau clan ambitieux et très hiérarchisé contrôlait le très puissant et très riche ordre des templiers. Il était donc un interlocuteur incontournable pour le Prince de Paris qui les autorisa, non sans hésitation, à s’installer dans sa ville. Seules les villes du Sud pouvaient alors encore rivaliser avec l’éclat de la capitale.

Les cathares

S’ils reconnaissaient théoriquement le rôle central d’Alexandre, les Princes du sud, en particulier les Toréadors, étaient alliés à Mithras depuis 1152. Une alliance avait bien été tentée en 1137, concrétisée dans le monde des mortels par le mariage du roi Louis VII et d’Alienor d’Aquitaine. Mais la répudiation de celle-ci, 15 ans plus tard, et son remariage immédiat avec Henry II Plantagenêt caractérisaient l’échec de cette alliance.

La civilisation florissante de la langue d’Oc faisait de l’ombre à un Prince de Paris plus conquérant que jamais. Il ne souhaitait cependant pas ouvrir les hostilités, de peur d’enclencher un conflit long et fastidieux qui le désavantagerait en cas de nouveaux heurts avec Mithras.

Il allait cependant, avec ses alliés Toréadors, envenimer une situation qui allait conduire en une débâcle terrible pour les Princes du sud, et une victoire politique majeure et sans grand effort du Prince de Paris.

Tout au long du XIIe Siècle, l’Eglise cathare s’était développée dans les fiefs de langue d’Oc, en particulier à Albi, Toulouse et Carcassonne. Elle ne reconnaissait pas l’Eglise de Rome et s’opposait violemment à ses représentants. Avec l’intervention discrète mais efficace d’Alexandre et de ses alliés, la situation s’aggravait peu à peu et les Princes du sud avaient de plus en plus de mal à manœuvrer la population mortelle dans le sens de la modération et de la négociation. En 1208, le légat du pape était assassiné par les cathares et aussitôt Innocent III déclarait une croisade contre les fiefs de Toulouse et du Midi.

Alexandre resta en retrait tout au long des tragiques événements qui suivirent. Il laissa les Vampires du Nord anéantir avec jubilation et violence tout le poids politique des Princes du sud et les plaça, une fois exsangues et incapables de résistance efficace, sous sa tutelle. Les armées des seigneurs mortels du midi s’étaient fait écraser par les hordes de chevaliers du Nord et l’Eglise s’était donnée un point d’honneur à purifier les âmes des cathares hérétiques. La situation avait débordé cependant plus qu’il ne l’aurait souhaité ; elle avait en effet conduit à la création de l’Inquisition. Il en tint responsables les Tremeres dont l’acharnement dans les massacres cachait mal leur volonté d’en finir avec l’ordre d’Hermès, très présent dans le Sud. Mais secrètement le Prince de Paris préparait déjà leur perte.

La chute du temple

La politique d’Alexandre était de diviser pour régner ou du moins de profiter des dissensions pour manœuvrer et imposer son autorité. Il pouvait donc qu’être inquiété par la montée en puissance du clan Tremere, parfaitement uni et totalement hermétique. Ce dernier s’était établi, au cœur de la capitale et avait constitué un véritable état dans l’état. Dans l’enceinte fortifiée du domaine des templiers, dans la prestigieuse abbaye de Saint Germain des Près qu’ils contrôlaient, ils avaient installé des laboratoires et des centres d’étude et menaient de mystérieuses expériences. Leur accord avec Alexandre était très simple, ils le soutenaient en toute occasion et lui les laisserait en paix.

Cet état de fait, depuis la croisade albigeoise, ne convenait plus à Alexandre. Il avait eu la preuve que les Tremeres poursuivaient des objectifs propres qui pouvaient venir à l’encontre de ses intérêts. Dans un déchaînement subit, il démantela brutalement l’ordre du Temple et se saisit de tous ses biens (ce qui, il faut bien le dire, renfloua fort opportunément les caisses du roi de France). Totalement désorganisés, impuissants, les Tremeres subirent là leur première cuisante défaite dans la capitale parisienne.

La guerre de cent ans

Les succès d’Alexandre n’avaient pas manqué de faire grincer quelques dents parmi les autres Princes de France et d’Europe. Mithras allait en profiter pour monter une coalition et attaquer le Prince de Paris.

Après quelques victoires éclatantes, il réussissait à l'affaiblir considérablement. La situation, toutefois, se compliquait très vite. La plupart des Princes français hésitaient à prendre position et beaucoup étaient complètement dépassés.

Mais si Alexandre se montrait absent et déléguait de plus en plus à sa « conseillère » Saviarre, il gardait tout de même les ressources pour maintenir son influence sur sa ville, et ce, malgré les complots et les révoltes des humains contre la monarchie française. Celle menée par Etienne Marcel faillit d’ailleurs réussir et marquer la victoire définitive de Mithras.

Dans un climat délétère et instable, quelques fidèles se distinguaient autour du Prince. Hormis Saviarre, les Ventrues Henri le Preux, Magnerius de Sens et Pierre Emmanuel de Pompignan faisaient tout pour maintenir la cohésion de la Cour. Ils étaient aidés par les Toréadors parisiens menés par Beatrix, de plus en plus omniprésente, et qui ne tenait pas à ce que la capitale passe sous l’influence du Ventrue maître de guerre.

Cette union sacrée eut quelques résultats. Ainsi le roi Charles V et son connétable Bertrand Du Guesclin réussirent à repousser les Anglais et à ramener une certaine paix dans le royaume.

À Paris, splendeur et manigances

Paris était de nouveau rayonnante. Les fêtes s’y succédaient dans des débauches de fastes et de luxe, à l’initiative des Toréadors triomphants. Les Ventrues, eux, choisissaient leurs camps et se préparaient à s’entretuer…Car derrière la façade rassurante de l’opulence et des réjouissances, se dessinaient des dangers mortels. Le roi de France, en 1392, sombra dans la folie. Ce coup de Jarnac porté à Alexandre, dont l‘origine reste douteuse (les Malkavians ? les Sétites ? Mithras ?…), fut très grave. Il perdait là son principal pion et voyait sa capitale en proie à de fortes influences étrangères, essentiellement celles des Princes vampires, Louis d’Orléans et Anne de Bourgogne.

Farouchement en lutte, ils avaient chacun des alliances solides avec des Princes de France et d’Europe et s’affrontaient à Paris à travers des jeux d’influence.

Avec l’assassinat du duc d’Orléans, les Bourguignons semblaient obtenir un net avantage et renforçaient leur main-mise sur la capitale avec assez peu de considération pour la Cour, où seule une poignée de Ventrue restait fidèle à Alexandre. Le Prince semblait complètement isolé. L’alliance avec les Toréadors ne suffisait plus à garantir sa souveraineté. A contre cœur, il prôna une réconciliation de principe avec les Gangrels, renforça le pouvoir des Brujahs dans Paris et s’allia par ailleurs à Henri d’Orléans.

C’est dans ce cadre instable et tendu que fut instaurée la Camarilla. Les Parisiens réussirent à placer l’une des leurs au poste de Justicar. Il s’agissait de Violetta, une proche de Béatrix et une infante de François Villon. Cette nomination fut à peine remarquée, et, vu les intrigues qui se nouaient à Paris, ne provoqua aucune réaction.

Les malheurs s’accumulent

En même temps que la guerre, la France faisait face à un fléau bien plus mortel : la peste, qui emportait sur sa route des millions de mortels mais également un grand nombre de Vampires. Son origine était certainement surnaturelle, bien qu’elle n’ait jamais été réellement élucidée.

En 1415, Mithras reprit l’offensive. Cette fois, ses victoires furent bien plus éclatantes et les Princes français, divisés, préfèrent défendre leurs propres intérêts plutôt que l’intégrité du pays. Enfin l’impensable survint : Paris était occupée par les anglais. Alexandre venait de perdre tout pouvoir sur sa ville et voyait, impuissant, sa maigre Cour s’entre-déchirer. Mais il refusa de quitter sa ville. Le Ventrue Henri le Preux accompagna alors Charles, le dauphin de France, à Bourges dont il devint, moyennant quelques “discussions franches” et l’aide discrète de Béatrix, le Prince.

À Paris livrée au chaos, les révoltes Anarch trouvèrent un écho particulier dans le mécontentement de la population. Face à des Ventrues exsangues, une Cour parallèle se mit en place et rassembla, dans une sorte de conseils des parias, des Brujahs, des Malkavians, des Gangrels et des Nosferatus. Cette Cour des Miracles influençait Paris bien plus efficacement que tout autre force vampirique. Elle reste encore une utopie pour certains Vampires contestataires ou idéalistes.

Si Mithras ne souhaitait pas une lutte directe avec Alexandre, désormais hors jeu, il s’évertuait à couper tous ses soutiens. Cette stratégie allait toutefois se retourner contre le Prince de Londres et changer complètement la donne.

D’une part les Princes des villes du Sud de la France, dont beaucoup, à la suite de la croisade albigeoise avaient obtenu leur poste grâce à Alexandre, étaient restés fidèles à ce dernier. D’autre part un personnage aussi mystérieux que marquant faisait son apparition : Jeanne d’Arc. Elle provoqua un sursaut d’orgueil parmi les troupes restées loyales au roi de France et obtint de nombreuses victoires avant d’être brûlée. Elle permit toutefois indirectement une entente entre Alexandre et Anne de Bourgogne. La royauté revenait à Paris et Mithras, qui connaissait de graves difficultés en Angleterre, perdit peu à peu toute influence en France.

Alexandre reprenait le contrôle de sa capitale. Mais Paris était ruinée, en partie détruite et prompte aux émeutes. Tout était à refaire, et Alexandre, de nouveau combatif, s’y attela aussitôt.

Les profiteurs de la guerre

Tous les Vampires de France n’avaient pas soufferts de cette longue lutte, loin de là. Le Prince de Lyon sortait considérablement renforcé, tout comme les villes de la Méditerranée qui profitaient de leurs contacts avec l’Italie. D’une manière générale les différents Princes avaient profité de la faiblesse d’Alexandre pour reprendre complètement leur indépendance (pour peu qu’ils l’eussent perdu). Le pouvoir centralisé avait perdu beaucoup de sa vigueur et Paris, si elle restait la capitale du royaume en tant que siège du roi, intervenait de moins en moins dans les affaires intérieures des différents fiefs.

La reconstruction

Après plus d’un siècle de rivalités et de troubles, Alexandre reprenait l’initiative. Avec Louis XI, il rétablissait le prestige de la royauté, et redevenait le Vampire le plus respecté de France. Toutefois, s’il n’était plus contesté, il régnait sur un champ de ruine. De son camps, seule une poignée de Vampires lui était restée fidèle durant l’adversité ; la réconciliation n’était plus évidente. Il devait de plus en plus composer avec les Toréadors.

Enfin son autorité était contestée à Paris par les Anarch. Scindés en plusieurs tendances, ces derniers se radicalisaient à mesure que le Prince les pourchassait. Périodiquement, ils provoquaient des troubles et des émeutes. En 1481, la confrérie Anarch des Ecorcheurs déclencha une révolte d’une ampleur peu commune et mit le feu au refuge du Prince. À la surprise générale, il y périt ainsi que sa fidèle compagne, Saviarre. Un temps était révolu. A Paris plus rien ne serait comme avant…